Focus au One Dance Festival
À propos
Festival International de danse et de performance qui se tient à Plovdiv, en Bulgarie, le One Dance Festival fête ses 18 ans du 22 mai au 7 juin. 4 spectacles FWB y sont programmés.
Le One Danse Festival 2026 propose sept spectacles : trois en premières mondiales et quatre en coproductions. Cette édition soulève des questions actuelles essentielles. Comment s'intégrer à la société tout en restant fidèle à soi-même ? Pourquoi, dans un même temps, se souvenir du passé et célébrer le présent ? Comment affronter l'effondrement écologique, les leçons du passé ignorées et l’illusion dans laquelle nous plonge la digitalisation du monde ?
À travers la danse, les artistes déposent à nos pieds leurs révolutions, leurs protestations, leurs confessions. Dans une énergie collective puissante, le futur et le passé se rencontrent, le progrès et la ruine s’entremêlent, le divertissement et la propagande se confrontent.
La Belgique mise en lumière
Cette année, le One Dance Festival propose un Focus Belgique, avec quatre spectacles issus de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) sur les sept proposés, dont un en première mondiale ! L’occasion pour les compagnies de Wallonie et de Bruxelles de montrer la diversité de la danse contemporaine de la FWB et de présenter leurs spectacles au sein d’un festival international.
Benjamin Kahn avec Focu Meu
coproduction One Dance Festival en première mondiale
Danseur et chorégraphe bruxellois, Benjamin Kahn a étudié la dramaturgie et le théâtre à l'Université d'Aix-en-Provence et au Conservatoire de Rennes. Il est aussi diplômé de l'ESAC (École Supérieure des Arts du Cirque) en Belgique. Il intervient comme dramaturge et consultant externe sur différents projets et enseigne la danse au CNAC, à l'ESAC et dans des conservatoires. Il développe ses propres projets depuis 2019. Considérant la danse et la chorégraphie comme des outils politiques, il s'intéresse à la construction et à la déconstruction de notre perception des corps, individuels et collectifs. S'appuyant sur l'interdisciplinarité et la richesse de sa formation, il crée des œuvres qui mêlent textes, écriture chorégraphique et paysages sonores et lumineux pour interroger les problématiques de société.
Focu Meu est sa première pièce de groupe. Il y explore la tension entre individualité et chœur, entre harmonie et dissonance, entre cris intimes et polyphonie collective. Les six danseurs explorent la manière dont leurs mouvements s'harmonisent ou se transforment pour créer une musique collective. Benjamin Kahn travaille avec des danseurs ayant une formation vocale, pour lesquels le sol devient un instrument vivant, une surface percussive sur laquelle ils inscrivent leurs rythmes. Le spectacle interroge la possibilité de créer un espace proche du rituel, un espace de transformation, de partage et d'expérience collective qui révèle comment les individus se rassemblent et se synchronisent, ou se distinguent et s'éloignent les uns des autres.
Zora Snake avec Combat des lianes
coproduction One Dance Festival
Chorégraphe, performeur et danseur, fondateur de la Compagnie Zora Snake et du Festival international MODAPERF (Mouvements, danses et performances) au Cameroun, Zora Snake est l’un des artistes les plus prometteurs de la scène contemporaine actuelle en Afrique. D’origine camerounaise, issu des danses urbaines/hip-hop, le parcours artistique de Zora Snake, chargé de l’histoire de son pays, transgresse les imaginaires et marque les esprits, des rues du Cameroun aux scènes contemporaines professionnelles et internationales. Son travail ne cesse de repousser les frontières. Entre danse et performance, il construit des œuvres artistiques en impliquant tous les espaces, où le rapport scène-spectateur n’existe plus. Son travail est produit et co-produit par le Théâtre National Wallonie-Bruxelles et Charleroi Danse.
Sa dernière création, Combat des lianes, est une chorégraphie magnétique, qui puise aux racines de la forêt et dans les mouvements des peuples en lutte. C’est l’état des colères du monde qui forme des nœuds de résistance à travers la puissance des lianes qui s’adressent à l’humanité. Le corps est relié de façons multiples, de liane en liane, de l’imaginaire au réel, de la poétique au politique, de l’humain au sacré.
Ayelen Parolin avec Irresistible Revolution
coproduction One Dance Festival
La chorégraphe et danseuse Ayelen Parolin vit et travaille à Bruxelles. Née en Argentine, elle arrive en Europe en 2000 et se forme à Montpellier. Elle entame d’abord une carrière d'interprète. Depuis 2003, elle se consacre à la chorégraphie. Entre solos et pièces collectives, elle crée une vingtaine de spectacles. Chorégraphe inclassable et imprévisible, Ayelen Parolin navigue entre plusieurs univers et esthétiques, explorant différentes facettes d'elle-même et sondant ce qui nous relie aux autres. Parallèlement à ses créations, elle conçoit des laboratoires de rencontre, de partage et d'échange, permettant d'expérimenter de nouvelles méthodes de travail et de communication au sein d'un collectif. La compagnie organise également des échanges avec le public, autour de ses créations ou sous forme d'ateliers ouverts à tous. Elle privilégie par ailleurs les rencontres transversales et transdisciplinaires. Son travail a foulé les scènes mondiales, de l'Europe à l'Amérique du Nord et l'Amérique latine, en passant par l'Asie et l'Afrique du Nord.
Pour sa dernière création, Irresistible Revolution, Ayelen Parolin part de l'idée de « l'activisme du plaisir », lorsque la foule se sent unie sous la bannière de l'utopie et que tout devient possible. Elle envisage l'activisme comme une pratique quotidienne et durable, source d'épanouissement personnel, de satisfaction et de plénitude, donc de changement social. Le spectacle est une explosion de mouvements spontanés et hybrides, car la révolution n'a besoin d'aucun scénario et ne se cantonne à aucun genre. La scène devient ainsi une piste de danse pour douze performeurs. La chorégraphe puise et génère le mouvement à partir de sources qui semblent incompatibles, façonnant un langage chorégraphique de mouvements contradictoires et ambivalents, chacun porteur d'un potentiel de surprise. Cette imprévisibilité donne naissance à une chorégraphie sans règles, guidée par la logique d'un jeu.
Lara Barsacq avec Kassia Undead
Danseuse et chorégraphe basée à Bruxelles depuis 2007, Lara Barsacq est diplômée du Conservatoire national de musique et de danse de Paris (CNSMD). Elle commence à chorégraphier rapidement, puis décide de se concentrer sur sa carrière d’interprète, pour se confronter à d’autres univers chorégraphiques. Après quinze années de rencontres inspirantes, Lara Barsacq revient à la chorégraphie, enrichie d’une expérience multiple de danseuse, chorégraphe et interprète. Elle est régulièrement sollicitée comme regard extérieur sur d'autres projets. Depuis 2016, elle propose des projets puisant leur inspiration dans le passé, faisant souvent revivre des figures féminines oubliées de l'histoire de la danse. Son travail s'inspire d’archives chorégraphiques tout en privilégiant la recherche sur l'imaginaire, confrontant l'histoire au présent.
Kassia Undead fait revivre une des premières compositrices connues du Moyen Âge : Kassia de Constantinople. Le spectacle navigue entre fiction, documentaire, biographie et rituel. Passé, présent et futur s'y mêlent dans une vision chorégraphique envoûtante. Huit interprètes rendent hommage à leurs ancêtres, tentant d'invoquer leur présence. Notamment, deux chanteurs professionnels font revivre le patrimoine musical longtemps oublié de Kassia. Peu à peu, les frontières entre les interprètes s'estompent, qui deviennent tour à tour troubadours, figurants ou fantômes. Dans une scénographie complexe, le spectacle révèle la dualité entre le divin et le démoniaque, entre divination et invocation des morts, entre Orient et Occident. Il évoque un royaume hanté par les esprits, où rien n'est ce qu'il paraît.
Le Focus Belgique du One Dance Festival est soutenu par Wallonie-Bruxelles International et Wallonie-Bruxelles Théâtre Danse.